A propos des finances de la ville d’Agen
Bernard Lusset, adjoint aux finances depuis 2008 et artisan du sérieux budgétaire de la ville d'Agen
2020 marquera la 17 ème année de stabilité fiscale pour la ville d'Agen. Un record.
La première partie du dernier conseil municipal a été consacrée au traditionnel débat d’orientation budgétaire (DOB). Cet exercice imposé prévu par les textes législatifs est l’occasion pour une collectivité de se projeter vers l’avenir et d’observer quelle trajectoire sera empruntée sur le plan budgétaire, et les incidences que celle-ci aura sur le plan financier.
Depuis 2008 l’équipe de la majorité municipale s’appuie sur un triptyque qui constitue l’ossature, le cœur de la construction budgétaire de la ville :
- Maîtriser les dépenses de fonctionnement,
- Et ainsi éviter d’augmenter les taux d’imposition communaux,
- Tout maintenant un niveau d’investissement important.
Maîtriser les dépenses de fonctionnement ne se traduit pas mécaniquement par une réduction de services rendus par notre collectivité (aucun service n’a disparu depuis 2008). Non, cela s’organise notamment à travers une rationalisation des moyens, rationalisation rendue d’autant plus possible depuis que les administrations de la ville et de l'agglomération d'Agen sont mutualisées (janvier 2015).
Eviter d’augmenter les taux d’imposition communaux. Au-delà du fait qu’il s’agit pour nous d’un engagement de campagne, la crise des gilets jaunes qui secoue le pays depuis plusieurs nous conforte dans l’idée que l’idée même d’une hausse de la fiscalité est devenue insupportable pour les français. Cette stratégie est également pour nous un moyen de favoriser l’attractivité de la ville en ramenant progressivement les taux communaux au niveau retrouvé pour des villes de la taille d’Agen. Ainsi, à la fin du mandat en 2020, la ville aura connu 17 ans de stabilité fiscale.
Assurer le financement de nos projets d’investissements. La maîtrise de nos dépenses, conjuguée à l’optimisation de nos recettes nous permet chaque année de dégager une épargne confortable pour mener à bien nos projets d’infrastructure et ainsi continuer à moderniser la ville. Depuis 2014 la ville a investi plus de 10 millions d'euros chaque année.
Comme je l’ai indiqué lundi soir, suite à la présentation de Bernard Lusset, « tout va bien pour les finances de la ville d’Agen ».
Faut-il pour autant en déduire que les efforts engagés depuis 10 ans doivent être relâchés ?
Je pense que non et ce pour trois principales raisons :
L’avenir des finances publiques…une véritable inconnue. Personne de sérieux n’est capable de déterminer comment les finances publiques seront articulées dans les 10 prochaines années. Nous savons que les dotations d’Etat ne sont pas prêtes d’être revues à la hausse et que les dépenses incompressibles vont continuer d'augmenter (GVT, hausse des taxes patronales, hausse du prix de l’énergie, etc.). Toujours dans le même sens, nous ne connaissons pas les suites qui seront données au grand débat national initié par le Président de la République ni les incidences qu’elles auront sur les finances publiques locales. Prudence donc…
Vers une crise économique majeure ? Passons sur le fait que le contexte européen est marqué par une forte instabilité (Brexit chaotique, tensions avec l’Allemagne, crise politique en Italie, etc.). De plus en plus d’économistes sérieux alarment sur le fait qu’une crise économique en germe va éclater à l’horizon 2020. Quand on sait les conséquences que la crise de 2008 aura eu pour les finances publiques, rester prudent sans tomber dans l’hystérie est, je crois, la bonne attitude pour les élus locaux en ces temps d’incertitude.
Donner à nos successeurs la liberté d’agir. Je crois que l’une des satisfactions dont les élus locaux n’ont pas à rougir c’est de laisser à l’équipe qui va leur succéder la possibilité d’agir, de bâtir, de continuer à préparer l’avenir par des investissements ciblés.
Une nouvelle équipe prendra s’installera dans un an pour présider au destin de la ville d’Agen. Elle aura sa vision, son projet mais aura dans ses mains les clés d’une maison qui aura été gérée en « bon père de famille ».
MF
