Budget 2026 d’Agen : Une dégradation qui relève des choix du nouveau maire d’Agen et de lui seul.
À la lecture de l’article diffusé par le Petit Bleu ce jeudi 16 avril, je dois l’avouer : je suis tombé de ma chaise. Je m’attendais à tout, excepté à voir la majorité sortante rendue responsable des choix budgétaires du nouveau maire d’Agen !
Pour comprendre les enjeux il ne faut pas remonter très loin dans le temps, puisqu’il il suffit de revenir au conseil municipal du 23 février 2026 (il y a moins de deux mois). Séance durant laquelle le compte administratif de l’année 2025 a pu être présenté, jamais contesté et même unanimement salué. Et pour cause chacun (majorité comme opposition) a pu constater que les finances de la ville étaient saines. Deux indicateurs simples permettaient alors de le comprendre : une épargne brute proche de 13 % (environ 6 M€) et une capacité de désendettement inférieure à 7 ans (6,4 ans).
Voilà pour les faits et ils sont têtus !
Donc oui, j’ai été très surpris de voir Laurent Bruneau, particulièrement discret durant ces dernières années au sujet du budget de la ville, marteler moins de deux mois après son élection « Que la boutique n’était pas si bien tenue que ça ». Si tel était le cas, pourquoi n’a t-il pas réagi le 23 février au moment où nous présentions les résultats budgétaires et financiers du mandat qui s’achevait ? Durant cette session, majorité et opposition reconnaissaient ensemble que l’équipe municipale qui arriverait aux responsabilités de 2026 à 2032 aurait des marges de manœuvre financières confortables.
Mais si la majorité précédente est comptable de ses réalisations depuis 2020, le budget qui sera présenté en conseil municipal le 27 avril ne relève ni de ses choix ni de sa responsabilité, mais bien de ceux de la nouvelle majorité conduite par Laurent Bruneau, nouveau maire d’Agen. Et que montre-t-il ce budget ? Une hausse importante des dépenses combinée à une baisse volontaire des recettes. Résultat : l’épargne brute chuterait de 35 %, passant d’environ 6 M€ à 4 M€ dès cette année ! Exactement ce que nous pronostiquions durant la campagne.
Il faut le dire simplement : ce budget est le résultat des choix de la majorité actuelle, des choix qu’elle a d’ailleurs défendus pendant la campagne municipale et que nous avons, de notre côté, jugé comme dangereux pour les finances de la ville.
Pour donner quelques chiffres et exemples qui sont repris dans ce budget qui sera présenté le 27 avril en conseil municipal :
- Moins de recettes : près de 10 % en moins sur les services, notamment à cause de l’extension de la gratuité du stationnement, qui représente jusqu’à 800 000 € de recettes en moins par an.
- Plus de dépenses : +1,06 M€ sur les charges de personnel et +572 000 € sur les dépenses de gestion courante.
Pour une collectivité locale, comme pour un ménage, préserver son épargne demande à la fois d’optimiser ses recettes et de contenir, voire réduire ses dépenses. D’ailleurs, lors du mandat précédent, un plan d’économies a été mené à l’échelle de la ville, par la majorité accompagnée par l'ensemble des services de la ville, durant trois années consécutives afin de maintenir une épargne stable autour de 6 M€. Cette stratégie difficile, exigeante et pourtant vitale pour les finances de la ville a été abandonnée par la majorité actuelle et la trajectoire financière qui est prise dès 2026 est le fruit de ce renoncement, rien de plus. Nous ne sommes plus en campagne électorale, inutile donc d’aller chercher la responsabilité ailleurs que dans les choix du maire actuel. Ce dernier a le pouvoir sur son budget, qui est document politique avant d’être une pièce comptable.
Dès 2026 l’équilibre budgétaire que nous nous étions astreints à conserver serait sévèrement remis en cause. La capacité de désendettement passerait de 6,4 ans à près de 12 ans. Pourquoi ? Parce que la ville dégage moins d’épargne. Et quand l’épargne baisse, il faut emprunter davantage pour financer ses projets. Sans réaction forte, la ville va donc entrer dans un cycle infernal et la situation va s’aggraver année après année.
En refusant de faire des choix (dépenser moins) pour préserver cet équilibre, la majorité actuelle prend le chemin d’une dégradation brutale est durable des finances agenaises dont tout le monde connaît l’issue inévitable : L’augmentation des impôts.
Nous resterons, pour notre part, dans un esprit constructif et continuerons à nous tenir à la disposition du maire d’Agen pour présenter des propositions qui permettrait d’éviter ce scénario. Car personne n’y a intérêt, ni nous, ni les agenais.
MF