Jeunesse et quartiers : Ces réussites cachées

Publié le par Mohamed FELLAH

La vie d’un élu local est riche, rythmée et diversifiée.

Youssef, prêt pour le prochain combat

Mais de toutes les missions que nous sommes amenés à remplir, la célébration des mariages reste pour moi l’une des activités la plus marquante et réjouissante à la fois. Depuis plus de dix ans, j’ai eu à officier pour assurer l’union de nombreux jeunes couples majoritairement issus des quartiers d’Agen.

Un tel moment est pour moi et à chaque occasion un moment privilégié, car au-delà du plaisir d’unir deux êtres qui se sont dits « oui », j’ai le privilège d’être aux « première loges » pour voir évoluer et grandir une génération qui prend pleinement et positivement sa place dans notre République.

C’est une génération discrète, trop peut-être, mais comme le dit le dicton une forêt pousse en silence. Depuis dix ans, je vois s’installer des jeunes qui ont brillamment réussi leurs études pour ensuite tenter l’aventure à l’étranger, d’autres qui ont choisi la voie de l'entrepreneuriat ou qui exercèrent une activité à responsabilité dans un grand Groupe. D’autres enfin qui ont réussi à travers la pratique du sport de niveau. C’est le cas de Youssef, que j’ai eu le plaisir de retrouver samedi dernier pour célébrer son union.

 Ne vous fiez pas à la taille ni au regard humble de Youssef, ce jeune agenais qui a grandi dans les quartiers de notre vieille ville est champion de France et champion du monde de Boxe thaïlandaise !

Malgré sa phobie de l’avion il n’a pas hésité à partir à l’autre bout du monde, en Thaïlande, pour s’entraîner durant de longs mois avec les meilleurs de sa catégorie. Le tout en vivant dans les conditions sommaires que l’on peut imaginer.

Youssef appartient à cette catégorie de jeunes numériquement majoritaires, mais médiatiquement étouffés par une minorité agissante. Ils travaillent dur pour réussir ce qu’ils entreprennent et ont compris que pour gagner dans la vie, il n’y a pas d’autre chemin que celui de l’effort, du travail, du combat.

Youssef est un vrai symbole de notre époque. Il fait son chemin en silence avec humilité, et a choisi de contraster avec ceux de sa génération qui ont choisi une autre voie moins glorieuse et malheureusement plus médiatisée.

Durant la cérémonie je n’ai pas pu m’empêcher de citer Youssef lui-même qui, suite à son sacre mondial, s’était exprimé dans la presse locale en ces termes « Je sais maintenant que quand on veut, on peut mais il faut bosser dur. On ne progresse pas en mangeant des chips, sur son canapé, devant la TV mais en souffrant, en travaillant ».

Que la jeunesse t’entende Youssef !

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