Trois ans après la mutualisation

Publié le par Mohamed FELLAH

Trois ans après la mutualisation

L’opposition le demandait, nous l’avons fait. Le dernier conseil municipal a été l’occasion de présenter le bilan social de notre collectivité. Moment important car c’est la première « photographie » de notre administration depuis que la ville et l’agglomération ont décidé mutualiser l’ensemble des leurs services (le 1er janvier 2015). A travers cet acte fondateur, acte de mariage diront certains, ce sont trois objectifs précis et mesurables que nous nous sommes engagés à poursuivre :

Répondre à la baisse des recettes par une maîtrise de la masse salariale

Souvenez-vous en 2014 de l’électrochoc qu’ont connu les collectivités locales avec les gouvernements Valls 1 et 2 au moment de l’annonce brutale et unilatérale d’une baisse drastique des dotations d’Etat. Les territoires comprennent alors que plus rien ne serait comme avant dans la relation collectivité/Etat et qu’ils doivent se préparer à assumer une autonomie budgétaire qui ne veut pas dire son nom.

Faire des administrations de la ville et de l’agglomération une seule et même administration devait nous conduire, à travers la réduction des effectifs, à maîtriser la masse salariale, poste de dépense qui représente plus de 50 % du budget de la collectivité. Objectif aujourd’hui atteint avec une masse salariale certes en évolution positive mais qui reste contenue (1,5% en moyenne depuis la mutualisation).

J’ai fait le pari que nos successeurs, s’ils continuent à l’avenir dans la voie que nous avons prise depuis le début du mandat, constaterons une baisse progressive de la masse salariale. Pari qui comporte peu de risque quand on sait que dans les 10 prochaines années plus d’un tiers des agents de l’administration (l’administration commune est composée de 950 agents) sera parti à la retraite. Il y a donc une vraie opportunité pour imaginer ensemble, élus, services, administrés, l’administration de demain : Quels services ?, quels métiers ?, quelle place pour le numérique ?, etc.

Moderniser les services et renforcer la performance de notre service public

Ici le mérite revient aux agents qui depuis la mutualisation ont su adapter leurs pratiques et surmonter le choc des cultures entre la ville et l’agglomération. Les projets de service, véritable contrat interne a permis de déterminer les pistes d’amélioration pour chaque service rendu aux usagers et aux administrés.

L’imagination et l’implication dont ont fait preuve les agents dans un moment compliqué qu'est celui de la fusion entre deux administrations force le respect et démontre que le service public n’a rien à envier au privé en matière d’adaptabilité et de recherche de productivité.

Favoriser la carrière des agents et rechercher l’épanouissement professionnel

Ce troisième et dernier objectif était pour nous central. La politique de réduction des effectifs de l’administration ne pouvait être comprise et admise par les agents qu’à condition que ces derniers voient leurs conditions de travail améliorées, leur carrière favorisée, et leur rémunération révisée.

Ainsi, nous avons veillé durant les trois dernières années à ce qu’une partie des économies réalisées reviennent aux agents à travers divers dispositifs : primes de mérite, mutuelle, avancement de carrière, etc.

Les orientations prises en matière de ressources humaines pour la ville et l’agglomération sont, je le crois, les bonnes : Moins d’agents mais des agents mieux considérés.

Certes tout n’est pas parfait et nous devons continuer à travailler pour améliorer ce qui mérite de l’être.

Mais à la question que j’ai posé à notre opposition à deux reprises lundi soir : « Dans un contexte de baisse des recettes et d’augmentation des dépenses puisque vous auriez préféré que les effectifs ne baissent pas, est-ce que vous proposez d’augmenter les impôts et de réduire les investissements de la ville ? » Je n’ai pas eu de réponse…

MF

Trois ans après la mutualisation
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article