#TenirParole
Comme c'est la tradition chaque année, l'équipe de la majorité municipale s'est retrouvée durant une longue journée pour un séminaire de travail. Ce rendez-vous est pour nous l'occasion de faire un bilan étape du déroulement de notre mandat, d’évaluer la mise en œuvre du programme qui a été présenté aux agenais en 2014, et de poser un regard critique sur notre action municipale. Travail important qu’il faut aborder avec humilité et lucidité si l’on espère en tirer le moindre enseignement.
En introduction notre maire, Jean Dionis, a d’abord posé de manière assez grave et solennel le contexte ou l’humeur collective du moment qui s'impose à nous : « Notre époque est marquée par la perte vertigineuse de crédibilité de la parole politique ». Cet état des lieux reflète une réalité de plus en plus palpable, prégnante. Des raisons diverses peuvent, je crois, expliquer ce rapport dégradé des français au politique : scandales financiers et sexuels, corruption, mensonges " les yeux dans les yeux", etc. Autant de déviances dont se rendent coupables des responsables politiques et qui creusent tous les jours un peu plus le fossé qui sépare les citoyens de leurs élus. Mais plus grave encore, et notre maire l’a rappelé à juste titre, c'est d’abord l'idée que les responsables politiques ne tiennent pas parole qui consume à petit feu la crédibilité politique. Les français font de moins en moins confiance aux politiques d’abord parce qu’ils ne font pas ce qu’ils annoncent, voilà la principale critique qui doit faire réfléchir et qui constitue chez le maire d’Agen un vrai marqueur.
Le président de la République actuel a fortement contribué à construire cette image négative. Les français vont se souvenir longtemps de ce Président qui a, pendant toute la durée de son mandat, réalisé l’exact contraire de tout ce qu’il avait annoncé. Chacun a encore à l’esprit ses envolées lyriques légendaires « mon ennemi c’est la finance ! » ou ses formules assassines « je n’aime pas les riches ! » qui ont été littéralement balayées par une série de mesures qui ont rythmé la vie d’un gouvernement que plus personne n’ose qualifier de socialiste.
Pour revenir à Agen et à notre équipe qui constitue la majorité municipale, notre programme n’est pas seulement une série d’engagements, il constitue un véritable contrat qui nous engage devant l’ensemble des agenais qui nous ont fait confiance il y a bientôt trois ans. A ce jour la majorité des engagements sont achevés ou en cours de réalisation : 2014-2016 : Deux ans de mandat
Curieusement la ville en chantier...Inquiète !
Dans la continuité du mandat précédent la ville connaît des travaux très importants : La poursuite de la piétonnisation du boul’, la métamorphose de la piscine du stadium qui abritera prochainement des associations sportives, etc. Curieusement le volume de ces investissements annoncés pourtant dans notre projet municipal et donc prévus au budget de la ville inquiète. La ville serait soupçonnée de lancer tous azimuts lourds travaux et autres rénovations sans s’assurer de leurs financements respectifs. Il faut ici être clair : Tous les chantiers lancés par la ville d’Agen sont bien évidemment prévus dans notre plan pluriannuel d’investissement. Nous devons leur faisabilité à une chose et une seule : Une gestion rigoureuse conjuguée la mutualisation de la ville et de son agglomération qui nous permet de réaliser un plan d’économie substantiel. Ainsi, la ville peut continuer à investir sans tomber dans la spirale de l’endettement et sans augmenter les impôts.
Et les impôts justement ?
Comme en 2008, nous nous sommes engagés en 2014 à ne pas augmenter les impôts locaux durant toute la durée du mandat. Ici encore la parole est tenue et le sera jusqu’en 2020, année qui marquera l’installation de nos successeurs. Là aussi, nous devons la vérité. Nous avons pris l’option de ne pas augmenter les taux pratiqués sur les impôts locaux. Deux raisons à ce choix difficile (en tout cas sur le plan budgétaire). D’une part l’année 2003 avait été marquée par une hausse sans précédent des impôts locaux (+23%) à Agen. Une pression fiscale qui a frappé la majorité des ménages de notre ville à l’époque. D’autre part, la population agenaise est pour une grande partie constituée de personnes âgées aux revenus modestes, il nous revenait de ne pas aggraver la fragilité financière de ces ménages.
Que va-t-il se passer après de 2020 ? Dans trois ans nous la ville aura connu 17 ans de stabilité fiscale (en tout cas des impôts communaux). C’est peut-être un record pour les villes de notre strate. Dès lors, Il faut laisser à nos successeurs la liberté de faire ce qu’il leur semblera être le plus juste et stratégique à ce moment là. Quel que soit le choix il leur reviendra, pour respecter l’idée du contrat municipal, de l’annoncer avant l’élection et de s’assurer du respect de son application après.
Assumer le changement d’époque
Nos échanges en séminaire nous ont amenés à commencer à réfléchir sur les contours du service public tel qu’il doit être rendu par une ville comme Agen, au regard du changement d’époque qui s’ouvre à nous : Le numérique à révolutionné les pratiques, les collectivités seront de plus en plus autonomes sur le plan financier (l’Etat sera de moins en moins interventionniste), les exigences des usagers et administrés sont de plus en plus élevés. Autant de mutations qui doivent nous interroger sur les contours que nous devrons donner à la puissance publique locale et à la définition de ses missions.
Un challenge aussi difficile que passionnant…
