De l’explosion de la gauche agenaise
Ce n’est donc pas une, ni deux mais bien trois listes qui représenteront la gauche à Agen pour les élections du mois prochain. Je ne pense pas trop m’avancer en disant que c’est inédit pour notre commune. Les élections municipales agenaises ont pourtant connu bien des configurations : deux listes à droite pour deux à gauche ou encore, comme ce fût le cas il y a 6 ans, une droite et deux à gauche. Mais trois listes se lançant pour représenter le même courant politique à Agen, c’est une première qui en dit long sur l’état de décomposition que connaît la gauche.
Le candidat « officiel » PS
Ce n’est pas trahir un secret que de dire qu’il souffre d’un déficit de notoriété, ce que lui-même reconnaît, et d’une légitimité fragile (élu aux primaires socialistes par 41 des 70 votants). Malgré ces chiffres faméliques et suite à cette courte « victoire », il n’a pas jugé utile de rassembler la famille PS en faisant une place à Patricia Henry, qui a pourtant une réelle expérience politique et incarne le courant majoritaire du parti socialiste. Il n’hésitera par contre pas à faire la place sur sa liste à 9 communistes (rien que ça) qui veulent bien en être, mais à condition de pouvoir continuer à tirer à boulets rouges sur François Hollande et son gouvernement pendant la campagne électorale (j’ose à peine imaginer l’ambiance qui doit peser lors de leurs réunions « d’équipe »).
Des verts qui eux ne seront pas représentés (problème de ressources humaines a priori) mais sont prêts à échanger leur logo contre le scalp de la LGV et l’enterrement de la technopole (ça fait cher le logo vert pâle).
La liste Front de Gauche : J.L Mélenchon l’avait promis, le Parti de gauche sera représenté dans toutes les communes de plus de 10 000 habitants. Agen n’échappe donc pas à la règle. Transformer en tribune, l’élection municipale est pour ce parti le moyen tout trouvé de continuer à se démarquer d’un gouvernement en espérant ainsi faire oublier qu’il a largement contribué à son installation…
Le NPA sera finalement également de la partie et se lance (lui aussi) en cavalier seul. Aussi curieux que cela puisse paraître, la candidature de M. Bambaggi est peut-être la plus légitime et la plus cohérente à gauche. La plus légitime car en 2008 le NPA avait réussi à réunir près de 8% des suffrages à Agen (ce qui est loin d’être ridicule). Cohérente ensuite, car ce mouvement révolutionnaire ne se cache pas de ne pas chercher à gouverner mais bien à créer les conditions d’une révolution (rien que ça). D’où son refus systématique de participer à un gouvernement socialiste, et donc de se contenter d’en être un observateur à la critique acerbe.
Trois listes à gauche donc. Faut-il se réjouir pour autant ? Deux fois non.
Non car la démocratie, même pratiquée à l’échelon locale, demande de la clarification pour que chaque électeur s’y retrouve et puisse s’exprimer en son âme est conscience.
Non car cette situation risque de doper les chiffres de l’abstention dont le taux est annoncé comme élevé par les observateurs.
Faut-il les plaindre pour autant ?
