Sur la fin programmée du CICE
Un pas en avant, deux en arrière. Telle semble être la devise du gouvernement actuel. L’épisode du CICE (crédit impôt compétitivité emploi) en est une nouvelle illustration.
Ce dispositif aussi complexe qu’opaque, et en vigueur depuis début 2013, vise à donner la possibilité aux entreprises de bénéficier d’une baisse de cotisations sociales, sous la forme d’une réduction de l’impôt à acquitter en année N au titre de l’exercice N-1. Il s’agit donc d’un allégement de charges mais…différé (pourquoi faire simple…).
Dispositif qui vient, en 2012, en lieu et place des allégements directs de charges prévus par le précédent gouvernement Fillon. Gouvernement pour lequel l’idée était simple en matière économique : il faut favoriser la compétitivité des entreprises en les libérant d’un niveau de charge devenu insupportable, pour amorcer un redémarrage dune croissance quasi en berne.
Depuis, le monde de l’entreprise ne manque pas d’afficher son scepticisme face à un système dont la complexité rend difficile sa mise en œuvre (56% des chefs d’entreprise indiquent ne pas avoir l’intention d’utiliser le dispositif). C’est notamment le cas des PME qui ne bénéficient pas des cabinets de conseil dont s’entourent les grands groupes.
Aujourd’hui, alors que la première bougie du CICE n’a pas été soufflée, le gouvernement et le Président n’excluent plus de basculer ce dispositif sur une baisse de charges. Soit revenir peu ou prou à ce qui avait été envisagé dans la loi de finances 2012, et qui a été balayé d’un revers de main au lendemain des dernière élections nationales.
Le rapport Gallois salué à gauche comme à droite y est certainement pour quelques chose dans cette reculade qui ne veut pas dire son nom. Mais là encore nous voyons à quel point le sectarisme et le jusqu’au-boutisme en politique peut avoir des effets dévastateurs.
Une posture qui ne pardonnera pas deux fois les gouvernants (de tous bords !) quand notre pays se débat dans une guerre économique devenue mondiale.