Les trois leçons des élections régionales
Les élections régionales que nous venons de vivre sont donc l’ultime rendez-vous démocratique avant les prochaines présidentielles.
L’événement qui a marqué ce temps politique restera sans aucun doute son premier tour. La prodigieuse poussée du front national qui avait à sa portée deux grandes régions nous a fait vivre un entre-deux tours dont l’issue aura rarement été ressentie comme aussi décisive.
Cette élection passée, nous avons aujourd’hui l’impression que la vie politique française peut reprendre comme si le pire était derrière nous et que finalement il n’y avait pas de leçon particulière à tirer de ce « tsunami régional ». Je crois pourtant qu’il y a au moins trois enseignements à tirer de ce scrutin dans la perspective de la présidentielle de 2017.
Le FN progresse d’élection en élection : Certes le « front républicain » constitué dans le Nord et en PACA a eu raison de deux ténors du front national (de la famille Le Pen disons..). Si l’extrême droite profite de la multiplicité des candidats au premier tour pour sortir en tête, ses réserves de voix pour aborder le second tour restent très limitées. Le fait de voir le FN aux portes du pouvoir réveille les abstentionnistes et favorise la coalition politique républicaine pour le contrer. Peut-on en déduire que le FN bute contre une espèce de plafond de verre ? La réponse est à mon sens non. En nombre de voix ce parti n’a jamais mobilisé autant d’électeurs (plus que pour la présidentielle de 2012) que pour cette échéance pourtant boudée par un électeur sur deux. Il n’y a à ce jour aucune raison pour que cette mécanique s’enraille à 18 mois de la présidentielle…
Oui François Hollande peut être réélu ! Le grand gagnant de cette élection, et même s’il a été furieusement discret à son sujet, est très certainement le Président de la République. Certes son parti perd des régions, mais il sauve les meubles et douche les espoirs pour la droite républicaine et Nicolas Sarkozy de vivre le grand soir. L’appel de Manuel Valls à ce que des listes PS se retirent pour faire barrage au FN n’a rien d’hasardeux ni d’improvisé. Il pose les bases d’un rassemblement dans l’hypothèse où le Président se retrouverait face à Marine Le Pen au deuxième tour de 2017. Car ce qui est constaté dans toutes les régions c’est qu’un FN fort fragilise d’abord … la droite. Si le FN poursuit cette trajectoire, voir sa présidente face au candidat socialiste n’a plus rien d’irréaliste.
Une droite divisée s’assure la défaite en 2017 : Nicolas Sarkozy ne rassemble plus la droite républicaine comme il a su le faire il y a bientôt 10 ans. A vrai dire il provoque même une vraie allergie chez nombre de français qui lui avaient fait confiance en 2007. Sa stratégie « ultra-droitière » a montré ses limites dans son propre camp jusqu’à voir des candidats refuser son soutien pour aborder le second tour ! Pour gagner en 2017, il faut donc pour la droite et le centre un candidat dont la stature d’homme d’Etat rassure en tant de crise et rassemble un pays totalement divisé. Ce candidat devra porter un programme offensif sur tous les plans (économie, Europe, questions sociétales, ..) et dire la vérité aux français (qui n’attendent plus qu’on leur vende du rêve) sur la situation de notre pays.
Nous n’avons que quelques mois pour désigner cet homme et nous mobiliser derrière lui.
MF
