Bernard Lusset : Une vie au service d'Agen et des agenais.

Publié le par Mohamed FELLAH

Bernard Lusset nous a brutalement quittés dans la nuit du 11 au 12 août. Comme pour beaucoup de ses amis, cette terrible nouvelle a été un vrai choc, un coup de tonnerre dans le ciel de l'été agenais. J'ai eu la chance de revoir Bernard quelques jours avant son départ, à l'occasion de la visite du député Charles de Courson, invité par notre maire Jean Dionis, à nous présenter un état des lieux des finances du pays. À l'occasion de cet échange, j'ai retrouvé Bernard tel que je l'ai toujours connu : incisif, précis et taquin. Le voir nous quitter quelques jours plus tard a d'abord provoqué chez moi une colère froide, très vite tempérée par le souvenir que la vie est fragile, pour chacune et chacun d'entre nous, sans exceptions.

C'est en 2007 que j'ai fait la connaissance de celui qui fut le directeur de cabinet de Paul Chollet et qui allait devenir premier adjoint de Jean Dionis quelques mois plus tard. Et c'est à l'occasion de la préparation du projet de mandat qui devait être présenté aux Agenais et élaboré à l'automne 2007 que j'ai commencé à prendre la mesure des qualités de celui qui sera surnommé "Le meilleur d'entre nous". Bernard Lusset avait des qualités intellectuelles indéniablement supérieures à la moyenne, une solide culture générale, et une capacité à très rapidement prendre la mesure des situations qui pouvaient se présenter à lui, avant d'y apporter la réponse la plus appropriée, la plus juste. Ses prises de parole au cours des conseils municipaux qui se sont succédé pendant les deux mandats durant lesquels Bernard a œuvré sans relâche pour la ville et l'agglomération d'Agen, témoignent du caractère exceptionnel de cette personnalité publique engagée jusqu'au bout des ongles pour sa ville.

Sur la route du retour de ses obsèques, je me suis efforcé de dessiner les contours de l'héritage intellectuel et moral laissé par celui, qui au fil des années était devenu un véritable ami, un confident.

Bernard Lusset, c'est d'abord la rigueur intellectuelle doublée d'une extraordinaire capacité de travail. Je sais qu'il évitait le verbiage et fuyait les débats stériles. Il recherchait systématiquement la précision sans s'embarrasser des détails qui peuvent polluer la vie d'un décideur local. Bernard était très à l'écoute et quand il souhaitait s'enrichir en connaissance pour un sujet, il prêtait attention à ce que disaient les sachants en se libérant de tout a priori.

Ensuite, Bernard était aussi un "Praticien de l'humanisme". Je ne l'ai jamais entendu prononcer un grand discours général au sujet des injustices qui font le lot quotidien de notre humanité. Mais je l'ai toujours connu partisan des petites actions concrètes. Au moment du drame qui frappe les Syriens et provoque leur exil en 2012, il prit la tête d'un groupe d'élus et d'Agenais mobilisés pour accueillir quelques familles à Agen. Bernard se munira de sa caisse à outils pour monter les lits et autres meubles dans les appartements destinés à accueillir les familles de réfugiés. C'est aussi Bernard, encouragé par Jean Dionis, qui créera l'association "Le petit Colibri" pour accompagner la ville de Djébonoua, en Côte d'Ivoire, dans l'installation de puits.

Enfin, Bernard, c'était le rejet catégorique du dogmatisme. Il n'avait aucune difficulté à reconnaître une vérité en provenance de l'autre, y compris de ses adversaires politiques. Et il n'avait encore moins de difficultés à s'opposer à une idée si elle lui semblait infondée ou injuste, même lorsqu'elle était prononcée par une personnalité issue de sa propre famille politique.

En parcourant son blog, que je vous invite à visiter ici, vous vous apercevrez peut-être comme moi, que ces traits de caractère s'y retrouvent très souvent à travers les textes que nous a légués Bernard.

***

Entre 2014 et 2020, Bernard occupait un modeste bureau dans les bâtiments du siège de l'agglomération. Sur son bureau, un ordinateur, un clavier, une souris et quelques dossiers pour traiter les affaires courantes. Derrière le siège de Bernard était sobrement épinglée une feuille A4, visible par tout visiteur sur laquelle était écrit un proverbe parfaitement à l'image de cet amoureux de l'Afrique : "Ceux qui pensent que c'est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient". C'est peut-être la phrase qui résume le mieux la vie de ce grand serviteur d'Agen.

Nous allons nous aussi, essayer Bernard, c'est promis nous allons essayer.

Adieu mon ami.

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