23 mars 2014 : La théorie de l'alignement des planètes
L’élection dès le premier tour de la liste d’Agen-même, emmenée par son capitaine Jean Dionis, a été une surprise pour nombre d’entre nous. Même si objectivement et pour des raisons diverses et variées, nous étions considérés comme favoris, nous nous préparions mentalement et matériellement à vivre un second tour et à affronter d’un côté le PS et de l’autre le FN (et donc à vivre une triangulaire comme ce fût le cas pour des nombreuses villes de la taille d’Agen).
Les agenais ont d’abord, je pense, tenu à reconduire une équipe qui avait réveillé leur ville et tenu parole entre 2008 et 2014. Cette élection est donc d’abord un message positif envoyé au Maire d’Agen et à son équipe : « Continuez à travailler comme vous le faîtes ».
Mais cette élection au premier tour reste malgré tout « exceptionnelle » au sens premier du mot. Elle a été parfaitement théorisée et imagée par Jean Dionis à travers une référence astronomique : L’alignement des planètes.
En clair et pour résumer, toutes les conditions politiques étaient réunies à Agen pour que ce phénomène se produise ce fameux dimanche 23 mars.
1) Un vote sanction : Le Président de la République connaissait à travers ces élections municipales ses premières élections depuis son élection de 2012. Cette élection intermédiaire est traditionnellement un moyen pour les citoyens d’envoyer un message au pouvoir en place, et donc ici de prononcer un vote sanction en l’endroit de François Hollande (un électeur sur quatre a profité des élections municipales pour exprimer son mécontentement à l’endroit du Président, de son gouvernement et de la politique menée en France depuis 2 ans). Etat de fait auquel il faut ajouter une cote de popularité au plus bas pour l’exécutif en place et ce la veille du premier tour des municipales (moins d’un français sur 6 faisait confiance au Président deux semaines avant de se rendre aux urnes).
2) La gauche agenaise divisée comme jamais : Outre les querelles internes au PS local liées aux circonstances dans lesquelles la tête de liste a été choisi, c’est le fait d’avoir trois listes à gauche qui a mis le candidat socialiste dans une position de fragilité et de vulnérabilité évidentes. Il paraissait difficile de prétendre au rassemblement des agenais quand sa propre famille politique se trouve à ce point déchirée. E. Eyssalet n’était plus seulement attaqué à sa droite (ce qui est la moindre des choses) mais doublement à sa gauche !
3) Une campagne timide et un programme tardif : La principale erreur du camp socialiste aura été de consacrer toute son énergie dans l’attaque systématique du maire sortant, et de refuser de proposer un programme alternatif à celui diffusé par Agen-même. Pas ou très peu de propositions sur des sujets pourtant centraux pour la vie quotidienne des agenais : l’emploi, la poursuite de la rénovation du centre-ville, l’avenir de l’agglomération, etc. Sur toutes ces questions le camp socialiste est resté évasif quand il ne bottait pas en touche. La diffusion papier du programme socialiste 3 jours avant le premier tour a témoigné d’une sorte de panique chez nos adversaires, qui se rendaient enfin compte que les agenais voulaient savoir où nous voulions les emmener à l’horizon 2020.
Voilà, à mon avis, les trois principales raisons qui ont provoqué ce phénomène le soir du premier tour et qui ont permis à Agen-même de remporter l’ensemble des 23 bureaux de vote. Ce résultat, même s’il ne doit rien enlever à notre joie et notre émotion doit aussi nous appeler à la mesure et l’humilité. Car en politique comme ailleurs les vents sont changeants et les planètes bougent…