Elections européennes : Premiers enseignements
Les résultats des élections européennes ont confirmé des craintes, créé des surprises et accéléré la recomposition de la représentation politique française. Ce scrutin fera dans les jours qui viennent l’objet d’analyses poussées de la part de spécialistes qui expliqueront ces résultats dans le détail, mais l’on peut déjà, à chaud, en tirer les premiers enseignements.
Oui la liste du Rassemblement National, conformément aux chiffres annoncés par tous les instituts de sondage, est arrivé en tête sur le plan national en réunissant 23,3 % des suffrages. Si ce score est indéniablement élevé il faut tout de même le nuancer à double titre : D’une part parce que objectivement, le RN recule au regard de son résultat de 2014 , moment où le FN avait culminé à 24,86 %. D’autre part parce que la tension que traverse le pays depuis de nombreux mois laissée présager non pas une victoire mais un véritable tsunami du parti d’extrême droite. Il n'en a rien été...
Non la liste Renaissance tirée par Nathalie Loiseau et encouragée par le Président de la République n’a pas pris « sa branlée » malgré le fait qu’elle a été la cible de toutes les attaques de l’ensemble des listes concurrentes. La tension qui secoue le pays depuis de nombreux mois laissée entrevoir le traditionnel vote sanction à mi-mandat. Cela n’a pas été le cas. Certes la liste Renaissance rate son objectif en arrivant derrières le RN mais l’écart entre les deux formations reste inférieur à un point. En regardant de plus près on se rend même compte qu’Emmanuel Macron est le Président qui réalise le meilleur score dans une élection européenne qui suit sa victoire aux présidentielles. Ce référendum « Pour ou Contre Macron » n’a finalement pas joué en la défaveur du Président de la République (le RN et la liste Renaissance envoient le même nombre de députés au Parlement européen).
La liste Europe Ecologie les Verts réalise une percée (13,5 %) qui démontre que la question environnementale n’est pas un gadget ou un sujet annexe mais une vraie préoccupation pour les français. Les partis de gouvernement doivent prendre ce signal au sérieux et intégrer de manière claire et définitive la question de l’écologie au cœur de leurs futurs programmes pour être en phase avec le 21ème siècle.
La liste des Républicains emmenée par le talentueux François-Xavier Bellamy essuie un sérieux revers. Deux ans après les 19 % réalisés par François Fillon au premier de la présidentielle malgré les affaires, le résultat obtenu par la droite républicaine doit interroger. A titre personnel, et pour rejoindre l’analyse d’Eric Woerth il n’est pas possible de gagner une élection sur une ligne exclusivement conservatrice. Nicolas Sarkozy en avait fait la démonstration en 2007 en rassemblant très largement la droite et le centre avant de remporter la présidentielle.
L’ensemble des listes de gauche ont été littéralement « douchées » à l’occasion de cette élection. Même la France Insoumise qui avait tenté de récupérer le mouvement des gilets jaunes en s’affichant du côté du « peuple » peine à réunir 6 % des électeurs et fait désormais jeu égal avec le PS qu’elle avait réussi à distancer au moment de la présidentielle. Tout est à refaire pour Jean-Luc Mélenchon…
MF
